Relancer la filière de cuir au Québec : matière, transmission et avenir

Le récent dossier de La Presse consacré à la relance du cuir au Québec met en lumière une réalité aussi frappante qu’inspirante : la matière première est déjà là, mais elle est largement sous-valorisée. Chaque année, des centaines de milliers de peaux issues des abattoirs québécois sont enfouies, détruites ou exportées, alors même que le cuir utilisé ici est presque entièrement importé.

Pour le CMCM, ces constats confirment l’urgence de repenser la filière dans son ensemble. En 2025, le CMCM a participé activement à une vaste concertation sectorielle, aux côtés d’Écofaune boréale, du CSMO Textile et de nombreux acteur·rice·s du milieu : abattoirs, trappeur·euse·s, artisan·e·s, chercheur·euse·s et communautés. Cette démarche collective mènera à la publication d’un mémoire en 2026, ainsi qu’à un grand rassemblement du secteur.

Les articles de La Presse illustrent trois piliers essentiels de cette relance. D’abord, la valorisation de l’animal dans son ensemble, comme le démontre l’exemple de producteurs cherchant à transformer localement la peau plutôt que de la jeter. Ensuite, le rôle clé de la recherche et du tannage écoresponsable, notamment végétal, pour bâtir une économie circulaire viable. Enfin, et surtout, la formation de la relèveincarnée par la création de la première tannerie commerciale autochtone au Canada, la Tannerie Pekuakami, et la transmission conjointe de savoirs traditionnels et contemporains.

Comme l’a rappelé récemment Alessandro Zannoni, un maître designer italien récemment invité au CMCM, la vitalité d’un secteur cuir repose sur la présence de tanneries locales, de fournisseurs spécialisés et de formations solides. Le retour de la tannerie au Québec ouvrirait la voie à une nouvelle économie circulaire, créatrice d’emplois et porteuse de sens.

Ces articles sont donc cruciaux. Ils contribuent à faire évoluer les perceptions du public et, espérons-le, à susciter un engagement politique à la hauteur des enjeux.

Former, transmettre et valoriser nos ressources locales, c’est préserver un patrimoine vivant tout en construisant l’avenir des métiers du cuir au Québec.

Noémie Marchand remporte le prix visuel au SMAQ

Le Centre des métiers du cuir de Montréal tient à féliciter chaleureusement Noémie Marchand, diplômée du CMCM en 2023 en technique de métiers d’art, spécialisation maroquinerie, qui a récemment remporté le prix visuel loft 2025 au SMAQ, une distinction offerte par le Conseil des métiers d’art du Québec

Issue des arts visuels, Noémie développe une pratique où l’art et l’artisanat se rencontrent avec sensibilité, précision et audace. À travers sa marque Mino Maroquinerie, elle propose un univers singulier, ancré dans la matière, le détail et une approche réfléchie du design. Son parcours se distingue déjà par deux prix d’excellence en gainerie, ainsi que par des projets exposés dans des lieux reconnus du milieu culturel.

En plus de sa formation en maroquinerie au CMCM, elle a poursuivi plusieurs formations de perfectionnement, ici et en Europe, affirmant une démarche rigoureuse et résolument tournée vers l’exploration.

Nous vous invitons à visiter son stand (#401.10 ) et à aller à la rencontre du travail d’une créatrice prometteuse, déjà bien ancrée dans le milieu des métiers d’art. Nous lui adressons nos félicitations pour cette reconnaissance bien méritée.

Bravo, Noémie !

 

Marie Petit finaliste du Prix François-Houdé 2025 : une édition marquée par l’excellence

Le jeudi 4 décembre dernier, la communauté des métiers d’art s’est rassemblée pour célébrer le talent et l’innovation lors de la remise du Prix François-Houdé 2025, une distinction offerte par la Ville de Montréal et le Conseil des métiers d’art du Québec. Ce prix met en lumière l’excellence qui se démarque par la maîtrise de la matière, l’audace et la rigueur technique.

Cette année, le prix a été remis à la céramiste Mireille Gagnon, dont le travail sensible et raffiné a retenu l’attention du jury. Nous lui adressons nos félicitations pour cette reconnaissance bien méritée.

Le CMCM tient également à souligner avec fierté la nomination de Marie Petit, maroquinière et enseignante chez nous, parmi les finalistes de cette édition. Sa démarche, portée par une exploration fine du cuir et une maîtrise exemplaire du geste, reflète toute la richesse et la sensibilité de la maroquinerie contemporaine. Finaliste de ce prix prestigieux, elle voit ainsi son travail reconnu par le milieu professionnel, une distinction qui témoigne de la qualité et de la portée de sa pratique.

Les œuvres des finalistes, dont celle de Marie Petit, seront présentées au Salon des métiers d’art du Québec, du 11 au 21 décembre 2025 au Palais des congrès de Montréal. Une occasion exceptionnelle de découvrir la richesse des pratiques émergentes, de rencontrer les artistes et de plonger au cœur de la création québécoise actuelle.

Nous invitons notre communauté à aller admirer ces réalisations inspirantes et à soutenir les créateur·trice·s qui façonnent l’avenir des métiers d’art.